18 Avr

Bidouillons !

Avec la montée en puissance du phénomène startup sont apparus de nouveaux concepts stratégiques, que les marketers des grands groupes essaient aujourd’hui de reprendre à leur compte, dont le fameux Growth Hacking !

En traduction littérale, Growth Hacking signifie : bidouiller la croissance … ce qui fait moins noble, reconnaissons-le !

La méthode n’est pas totalement nouvelle ; elle s’oppose à une vision stratégique plus construite où marketing et stratégie occupent une position centrale : on étudie les attentes des consommateurs, on analyse leurs réactions à des offres, on développe des propositions, etc., pour aboutir à un plan de lancement mêlant communication et actions commerciales.

Avec le Growth Hacking, pas de plan savamment orchestré : on tente quelque-chose, ça passe ou ça casse, on recommence avec une autre idée, ça passe ou ça casse, etc. Et surtout, on ne s’encombre pas trop de préjugés éthiques, seule compte l’efficacité : car pour une startup, l’important n’est pas d’être le 1er à avoir une bonne idée, mais d’être le 1er à atteindre la taille critique qui permet de verrouiller le marché.

Difficile de dire qui a inventé le concept – en fait, certainement plus vieux que le marketing – mais le storytelling retiendra le coup de génie – bien que « limite » question éthique – d’Airbnb qui, en panne de relais pour ses petites annonces, a « hacké » le « Bon Coin » américain, Craig List.

Toutefois le Growth Hacking montre rapidement ses limites, le « coup de génie » ne constituant pas la norme universelle. Pour les autres, la succession des « ça passe ou ça casse » se termine le plus souvent … dans le mur, les fonds levés épuisés et les business angels préférant se tourner vers des startups n’ayant pas prouvé leur incapacité à grandir.

Le problème aujourd’hui, c’est que le succès des GAFA et autres licornes est un peu trop monté à la tête des créateurs d’entreprises qui oublient un peu trop rapidement qu’il existe d’autres recettes, qui ont fait leur preuve par le passé … et pourraient leur permettre de damer le pion à leurs concurrents, plutôt que de rêver debout !

Ce qui ne signifie pas que le Growth Hacking soit à bannir totalement ; les PME pourront s’en inspirer … mais avec discernement !